Surgence n°4 : Des corps du Sujet

Printemps 2010

Paraître en corps est marqué d’emblée d’un impossible : l’autonomie organique, fonctionnelle, vitale en un mot. Il lui faut l’Autre pour survivre au réel qui l’incarne, et pour n’en être plus dépendant. Ce corps aussitôt se double de celui du sujet : corps symbolique lui, qui doit de l’être aux nom, prénom et sexe qui lui sont donnés. C’est aussi nécessairement l’œuvre de l’Autre. Ce corps acquiert bientôt sa tierce dimension : celle de l’image dont à l’eau du miroir se dote le petit d’homme. Il n’y parvient que par la reconnaissance de l’Autre : ainsi surnage-t-il à son imaginaire apparaître.

Trois corps de discours donc, articulés au désir de l’Autre et à son objet a, auquel ils finissent par confier leur signifiance. Les pulsions et leurs rejetons objectaux y concourent. N’est-ce pas assez dire combien tout cela ne tombe que sous le sens, ne relève par conséquent que d’un inconscient langage dont il prend consistance ?

Des élaborations cliniques et théoriques en illustreront les retombées cliniques.

La transplantation hépatique, c’est épatant !

À travers la spécificité de la transplantation hépatique, est posée la question des possibilités d'acceptation psychologique d’un organe étranger. Au-delà des fantasmes de dette, de culpabilité, de perte d’identité, la transplantation d’un organe induit une « renaissance ». Le médecin se trouve donc en place de mère agissante, grand Autre qui initie la relation d’objet entre le greffé et son nouvel organe, autorisant ainsi « l’accorporation » de cet organe et non sa « psychisation ».