Surgence n°4 : Des corps du Sujet

Printemps 2010

Paraître en corps est marqué d’emblée d’un impossible : l’autonomie organique, fonctionnelle, vitale en un mot. Il lui faut l’Autre pour survivre au réel qui l’incarne, et pour n’en être plus dépendant. Ce corps aussitôt se double de celui du sujet : corps symbolique lui, qui doit de l’être aux nom, prénom et sexe qui lui sont donnés. C’est aussi nécessairement l’œuvre de l’Autre. Ce corps acquiert bientôt sa tierce dimension : celle de l’image dont à l’eau du miroir se dote le petit d’homme. Il n’y parvient que par la reconnaissance de l’Autre : ainsi surnage-t-il à son imaginaire apparaître.

Trois corps de discours donc, articulés au désir de l’Autre et à son objet a, auquel ils finissent par confier leur signifiance. Les pulsions et leurs rejetons objectaux y concourent. N’est-ce pas assez dire combien tout cela ne tombe que sous le sens, ne relève par conséquent que d’un inconscient langage dont il prend consistance ?

Des élaborations cliniques et théoriques en illustreront les retombées cliniques.

Desseins mortifrères

En décidant d’arrêter sa cure analytique, un enfant de neuf ans fait savoir par cet après-coup, que les dessins – ils sont très nombreux – qu’il avait produits en silence ne se soutenaient que du désir de mettre à mort son frère puiné. Ce dessein mortifrère indique alors que le dessin n’est qu’une expression spontanée, qu’il dénote un certain type de transfert, qu’il en montre les signifiants qui s’ordonnent à un trait unaire, que la rivalité mortelle avec les frères n’est qu’un succédané de la révolte avec le père, que la différence entre un « transfert masculin » et « un transfert féminin » n’est que de surcroît, surcroît qui s’ordonne à une jouissance.