Surgence n°5 : Relire "Totem et Tabou" aujourd'hui

Automne 2010

L’actualité paraît remettre en question Totem et tabou. Les peurs se multiplient, la mort paraît être la punition du tabou, au point qu’au consumérisme s’opposent de plus en plus d’interdits, frappant du risque mortel ce qui est consommé !
Ne sont pas en reste le partage des rôles, des droits, des obligations au sein de ce que l’on nomme maintenant « la parentalité », et non plus la parenté : au demeurant, mères porteuses pour d’autres, homoparentalités, mariages homosexuels notamment, laissent penser que le père n’a plus le droit de cité qu’il eut.
La clinique témoigne-t-elle de ces bouleversements ? N’est-elle pas toujours le lieu de recel du juratoire et du conjuratoire ? Le collectif est-il devenu autre chose que le sujet de l’individuel ?
À supposer que tout totem soit caduc, et que l’Action fatale et décisive n’ait jamais été au commencement, le tabou de l’inceste demeure et, comme le religieux, jamais ne fut si fort.
Faut-il alors totalement dissocier le Tabou du Totem ? Faut-il trouver au tabou une nouvelle origine ? Mais quelle serait alors la fonction du Totem ?
Et de quoi tirerait-il encore sa puissance ?

Le mariage : hommoinsun totem et un tabou

D’une division entre homme et femme il est toujours question, et c’est avec l’au-moins-un que se règle cette différence, du clan des hommes d’une part et de la femme d’autre part ; cette division qui se fonde sur cette différence qui autorise le mariage et les maintient l’un comme l’autre en esclavage, esclaves de l’âmour

De Totem et Tabou, en passant par le Tabou de la Virginité, il s’agit là d’interroger ce qui se déplace, se renverse, ce qui de l’inconscient perdure encore aujourd’hui sous sa forme mythique et imaginaire.