Gabriel Balbo a écrit avec Jean Bergès quatre livres sur la psychanalyse de l’enfant. Ces quatres ouvrages qui ne traitent que de la psychanalyse de l’enfant furent écrits en dix ans, au long d’un enseignement qu’ils tinrent au sein de l’Association lacanienne internationale (ALI)
Quelques mots sur Jean Bergès : Neurospsychiatre, psychanalyste, membre de l’ALI, dont il fut président. Ancien chef de clinique de la faculté de Paris, chargé de la section de psychopathologie de l’enfant (Henri Roussel, Sainte-Anne). Décédé en 2004.

La clinique de l'inconscient exige la plus grande logique dans sa pratique et dans sa théorisation ; elle invalide une conception imaginaire et globalisante qui, à travers un primat thérapeutique, s'ordonnerait dans une visée adaptative au champ social.
Fruit de deux expériences complémentaires élaborées et confrontées en commun, ce livre ne cantonne pas la clinique, qui sert d'assise aux nouveaux concepts théoriques qu'il propose, à des études de cas exemplaires pour des praticiens soucieux de retrouver, dans la conduite des cures, les repères du développement qui les uniformiseraient : il soumet cette clinique aux concepts, et les y éprouve de manière dialectique, de sorte que la conduite d'une cure puisse en devenir chaque fois créatrice, et que toujours elle étonne.
Ainsi est-il paru opportun de préciser à quelle occasion a été créé ou utilisé tel concept, tel vocable ou tel terme, pour simultanément le définir ou le redéfinir, et indiquer comment la clinique le fait naître, le distord, le met à l'épreuve et en question dans la cure. L'ouvrage n'est donc pas réservé aux psychanalystes, mais peut intéresser tous ceux qui, dans le champ de leur pratique, pensent pouvoir élargir leur savoir et leur créativité, à partir des questions et des élaborations qu'il propose. Dans le champ de la parole et du langage, champ où se colloque l'analyse de l'enfant, tout comme celle de l'adulte, quiconque entend s'ouvrir à ce qui le préoccupe peut y faire halte, et y prendre le temps de le lire.

Le transitivisme, presque constamment rencontré dans les psychoses, est un processus normal chez le jeune enfant. Il est un facteur central de l’émergence du sujet de l’inconscient, fondateur des rapports qui s’établissent à travers lui entre la mère et l’enfant. Les auteurs essaient dans une démarche nouvelle d’éclairer par le transitivisme de nombreuses questions essentielles de la théorie psychanalytique.

Cet ouvrage se présente comme la suite de l'élaboration du concept et de la clinique du transitivisme que Gabriel Balbo et Jean Bergès ont initiée dans Jeu des places de la mère et de l'enfant. Dès lors qu'il s'agit d'enfants autistes ou psychotiques, ils mettent en évidence l'importance théorique et clinique de l'apport décisif de Lacan qu'est le grand Autre.
Ils soutiennent qu'on ne peut plus parler de psychose, d'autisme ou de défaillance cognitive chez l'enfant comme d'entités autonomes qui supposeraient une étiologie linéaire ou une causalité plurifactorielle, mais qu'il faut les considérer au contraire comme des modalités de réponses à des facteurs prédéterminés qui s'organisent de façon complexe sur le mode d'une topologie en constante transformation autour de ce point d'arrimage et de repérage qu'est le grand Autre pour l'enfant, les parents, l'analyste et l'institution ; ils montrent comment s'articulent les fonctions, les places et les rapports réciproques du grand Autre avec les formations de l'inconscient découvertes par Freud, reprises par Lacan.
Avec des enfants psychotiques et autistes, leur ambition est d'offrir des éléments propres à établir une direction de la cure qui tienne compte non seulement de la problématique de leur structure mais aussi du poids, des incidences, des articulations et des entraves cognitives qui ont précédé ou suivi leurs troubles, et ont longtemps été connotés du terme de " débilité ".
En soulignant ce qu'ont de dynamique et d'utile les transformations incessantes en jeu dans la clinique, les auteurs proposent une élaboration théorique rigoureuse qui incite les analystes à prendre la liberté de procéder et d'inventer à leur tour.

Au-delà de l'amendement ACCOYER-MATTEI. Quel avenir pour la psychanalyse d'enfant !
Les auteurs sont certains d’une chose : jamais une psychothérapie n’est une psychanalyse.
Ils constatent cependant que des praticiens se trouvent parfois contraints de devoir employer des modalités psychothérapeutiques, pour parvenir à mener des cures pourtant analytiques avec certains enfants. Ils se demandent pourquoi et cherchent à dégager avec précision : ce qui caractérise et distingue les psychothérapies d’enfant de la psychanalyse de l’enfant ; ce que sont leurs spécificités ; ce qui exclut de les confondre ; ce qui les rapproche ou ne les rend pas toujours antinomiques. Remettant sur le métier principes, concepts et conditions pratiques, ils en tirent d’utiles conclusions libérées de toute opposition, de tout clivage sommaires.
Ils mettent ainsi le fruit de leur recherche à la disposition des parents qui souhaitent engager leur enfant dans une psychothérapie ou une psychanalyse : ils seront mieux à même d’évaluer la part qui est la leur, et celle de leur enfant, dans le choix du traitement. Ils sauront quelles jouissances, quelles pertes, quelles espérances et quelles illusions pourront être les leurs après-coup.