Samedi 16 et dimanche 17 juin 2012, à Paris : Bord, pulsion de bord, débordements

Border n’est pas borner, bornage n’est pas barrage. Le bord est un littoral que la pulsion de bord permet d’ajuster à un littéral, pour leur donner un riff mutuel au dessin simple, marqué, modulable d’être sériel, et renouvelable de n’avoir pas la fragile solidité du cristal ou de la coquille ovée. Mais est-ce toujours aussi serein ?

« Les adaptateurs triomphent et se répandent »1. La question est d’actualité : migrations aléatoires mais contrôlées des populations ; coexistence armée des religions ; violente mixtion des langues ; informe éthique des communications ; brutales circulations des masses financières apatrides, investies ou désinvesties au mépris de tout progrès social ou culturel ; institutions où la distribution des fonctions et des fonctionnements est dominée par d’anarchiques débordements, mus par des pulsions partielles, partiales, et qui ne connaissent d’autre primat que les « cares »…

Va t-on devoir en venir à morceler pratiques, pensées, pouvoirs, savoirs et discours, par d’infranchissables réels, édifiés pour en murer les autonomies, en glorifier les particularités, en prévoir les laissez-passer, inoffensifs mais toujours prohibitifs… ?

Les crues de la pulsion de bord, dont la zone érogène est le corps anticipé mort et morcelé, et dont le débordement par défaut d’élaboration psychique produit des ravages, ont pour signifiants maîtres : la confusion, l’amalgame, l’imposture, lesquels déchaînent  l’ignorance de l’altérité, le déni de la différence, le non-dit narcissique, l’apraxie, la jouissance sans borne conceptuelle.

Quels repères le symbolique peut-il espérer trouver dans cette confusion imaginaire, dans ces mirages leurrant ? Comment trouver une économie de bord qui tienne, qui ne soit ni aliénante, ni gyrovague dans un tel anomique bordel, où les identités personnelles et professionnelles se perdent ?

1 S. Leclaire, 1956